jeudi 16 novembre 2017
9h10
Christine Bernier
Mot du département
9h20
Marta Boni, Université de Montréal
Conférence d'ouverture
10h30
Panel 1 : Espaces de la consommation. Investir les lieux
Présidence: Philippe Depairon
"The Holy Land Experience": Performing Jerusalem in America
Alyssa C. Garcia, Université de Pennsylvanie
In the United States, an idealized Jerusalem has been created and consumed through ritual engagement with architectural reproductions of that city’s Christian monuments, in a tradition we may call “performing Jerusalem.” This paper examines this architectural genre, heretofore undiscussed collectively, via exempla of its main typologies: nineteenth-century topographic models, twentieth-century biblical theme parks and Passion Play stages, and today’s fusions of all three. The earliest imitations derive their authenticity materially, from the scientific accuracy of the reconstruction. Later reproductions lose this visual correspondence with their referent, retaining the aesthetic language of “history” and “science,” but eschewing the original compositions they claim to replicate. Instead, they base their forms on evangelical ideology, illustrating a “religious truth” that is derived only exegetically and culturally. In tracing how biblical history is literally constructed for popular consumption, a gap between archeological fact and constructed fiction emerges—one with dangerous social implications.
Le rôle politique des sculptures grotesques de la villa Palagonia (1721) à Bagheria
Émilie Hamel, Université de Montréal
Située à Bagheria en Sicile, la villa des princes de Palagonia a choqué l’Europe à l’époque du Grand Tour par son décor baroque construit en 1715 et ses sculptures grotesques qui ornaient son enceinte à partir de 1753. Bien que ces dernières furent longtemps considérées comme l’expression de l’esprit dérangé de son commanditaire Ferdinando Francesco Gravina e Alliata, l’aspect et le propos carnavalesque de cet ensemble ainsi que la théâtralité de sa disposition dans un contexte de villégiature expriment également le rapport de la classe féodale à la domination des Bourbons d’Espagne et aux instabilités politiques que subissait la Sicile au XVIIIe siècle.
Counter-Narratives in Women’s Prison Photography: La Toya Ruby Frazier and Kristen S. Wilkins
Clorinde Peters, McMaster University
Incarcerated women comprise the fastest growing prison population in Canada and the United States. This paper examines the photographic work of LaToya Ruby Frazier to shed light on the neoliberal structural conditions of disposability that funnel women into the prison system, and Kristen S. Wilkins’ collaborative work with incarcerated women to rethink prison uses of photography and resistant modes of representation. Their work is poised not only to resist punitive mechanisms of the neoliberal state, but to reconfigure the masculinist genre of documentary photography. Such contemporary photographic work has the potential to oppose the prison-industrial complex and to operate as a response to the problem of images in popular and entertainment culture misrepresenting the realities of the over-incarceration crisis.
13h30
Panel 2 : Détours, réappropriations, marchandisations
Présidence: Maude Trottier
Jeanne d'Arc à Rouen ou la banalisation d'une figure historique
Ismérie Triquet, Université Rennes II – Haute Bretagne
Que reste-t-il de Jeanne d’Arc, grande figure historique de l’histoire de France, dans la culture historique et le paysage patrimonial du XXIe siècle ? Alors que l’itinéraire « héroïque » de la Pucelle est aujourd’hui un parcours touristique particulièrement prisé, nous verrons à travers l’exemple de la ville de son supplice, Rouen, comment la surutilisation et les abus ont modifié, voire banalisé l’image de la sainte. Loin d’être une figure historique liée à un passé oublié, Jeanne d’Arc est régulièrement exploitée, parfois de manière discutable, par les pouvoirs politiques français. Tombée en désuétude depuis la fin de la troisième République, l’héroïne nationale revient sur le devant de la scène depuis le milieu du XXe siècle. Entre exploitation par les partis politiques extrémistes et dernier rempart de cohésion face à la menace terroriste, quel est l’idéal Johannique véhiculé de nos jours ?
One Hundred Million Dollars: Dollar Stores, Conspicuous Consumption and Art
Natalie Haddad, University of California San Diego
My paper examines the vast economic divide between the have-nots and the extreme haves and the fetishization of the unique art object and general commodity as two paths that increasingly converge, resulting from the consumer culture that has developed since the 1950s and the ideological democratization of art that began with Pop Art. The development of an ultra-wealthy class of art collectors and artists brings the question of ethics of production and consumption into the art world. Looking at specific examples from both ends of the spectrum – from artist Jason Lazarus’s self-imposed $19 budget for the exhibition 99 Cents or Less at the Museum of Contemporary Art Detroit to the one hundred million dollar sale of a Basquiat painting this year – I consider the point at which consumption crosses over into excess and where art fits in.
La réception de l’Art toy pop surréaliste : gadgetisation de l’objet d’art
Hanen Hattab, Université du Québec à Montréal
Consommé comme un produit dérivé et consacré comme un objet d’art, l’Art toy pop surréaliste échappe au statut unique pour faire interagir ces deux objectalités. Comment se présentent les œuvres qui ont évacué l’intentionnalité et la référence exclusives au monde de l’art ? Cette réflexion stipule que l’Art toy est une œuvre multivalente dont les modes identificatoires sapent les repères traditionnels de reconnaissance de l’objet d’art, ce qui en fait un « gadget ». Au-delà de son sens péjoratif, la gadgétisation comporte les conditions de réception d’un produit dont les multiples fonctions lui confèrent une valeur ajoutée. L’Art toy produit sa valeur dans le détournement qu’il opère des systèmes sémiotiques du « grand art » et de l’économie, et dans la diversification des structures et des mécanismes de réception des œuvres.
15h35
Panel 3 : Temps et mémoire de la consommation à l’écran
Présidence: Alice Michaud-Lapointe
The Time of Nonlinear Television: Reception and Temporality of Serialized Narratives
Giulia Taurino, Université de Montréal
Temporality has always represented a pivotal element in processes of serialization, both in the form of narration time (Mittell, 2015) – but also story time and discourse time –, and “time of television” per se, originally described by Raymond Williams (1974) as a continuous flow. Starting from Gary Becker’s article “Theory of the Allocation of Time” (1965), the value of time, where time – both working and non-working time – is viewed as an economic resource, has been associated with mechanisms of consumption. Following Becker’s theory, we will consider here the relationship between emerging consumption practices of TV series – namely, forms of binge-watching and speed-watching – and the allocation of time within the framework of nonlinear television. By analyzing time-use inside and outside the narration through specific case studies, we will see how both processes of circulation and reception of TV series are changing in the context of online platforms.
Les films de longues durées et le Slow Cinema : qu’est-ce qu’un film qui « prend son temps » ?
Clément Dumas, Paris Panthéon-Sorbonne 1
Il est d’usage de distinguer dans le cinéma contemporain un ensemble de gestes visant à ralentir le rythme des images. Des tentatives de délimitation d’un corpus de films internationaux, que l’on regroupe communément sous le terme de Slow Cinema, ont cherché à comprendre la cohérence culturelle, stylistique et historique de ce ralentissement généralisé des images. En retraçant les différentes polémiques universitaires et critiques que cette manière de considérer le cinéma contemporain a pu connaitre, nous voudrions ensuite repositionner le problème au niveau des pratiques spectatorielles que ce type de films supposent. En effet, le terme de Slow Cinema — référence explicite au concept de Slow Food théorisé par Carlo Petrini dans les années 80 — insinue une consommation plus éthique et respectueuse du fait cinématographique tout en remettant en question la participation cognitive du spectateur vis-à-vis de l’image en mouvement.
vendredi 17 novembre 2017
9h10
Panel 4 : Structurer l’image. Pratiques, technologie, conservation
Présidence: Candice Houtekier
Consuming the X-ray: Containing the Unknown and Illuminating the Visible
Kristen Nassif, University of Delaware
This paper considers X-rays as aesthetic images for consumption at the end of the nineteenth century. The “X-ray craze” of 1896 prompted a shift from the private laboratory to the space of the public, fuelled by a desire to see and experience the body like never before. Nevertheless, concerns of privacy and mortality quickly returned X-rays to the scientific settings of hospitals. I argue that consuming the X-ray necessitated not only a particular architectural environment, but a kind of visuality that acknowledged its nebulous character. As material objects and windows to the invisible, X-rays and their spaces were similar to photographic studios and darkrooms, but they also attempted to contain, control, and protect individuals from the X-ray’s unknown, imperceptible forces. Revealing the limitations of vision, X-rays demanded not only a new kind of seeing, but a new space in which to see and consume. 
Copie et remake comme stratégies d’accessibilité dans une pratique commissariale
Christophe Barbeau, Université de Toronto
Cette présentation se penche sur la position particulière de l’Artiste-Commissaire. L’objectif est de dégager, à travers une enquête critique s'inspirant de ma pratique personnelle, les dangers potentiels de cette position d’« entre-deux». La position d’artiste-commissaire que j’ai tenue au cours de mon parcours employait principalement des stratégies de copies, faux, remakes et reconstitutions, tout en réutilisant des stratégies commissariales et la forme d’exposition de groupe. Les différents types de relations représentationnelles choisies pour ces projets tentaient, par la mise en réseau de différentes œuvres, de déconstruire le concept monolithique de l’auteur (et celui de l’artiste) ainsi que de repenser notre relation à l’original et l’authenticité, deux concepts fondamentaux à l’hégémonie de l’histoire de l’art occidentale. Afin de mieux comprendre les risques et pièges d’une telle praxis, la pratique d’artiste-commissaire sera abordée par l’utilisation du concept de « capital symbolique » de Pierre Bourdieu.
Atlas, le savoir visuel et le web. Une étude des dynamiques de filtres dans Google Images
Christelle Proulx, Université de Montréal
À une époque où les images semblent désormais toutes accessibles, Google Images s'impose dorénavant comme un intermédiaire dominant afin de trouver ou de retrouver des images « pertinentes » en ligne. Pour cette présentation, les spécificités du moteur seront examinées à travers le prisme historique d’une mise « au travail » des images (Castro 2013) dans la notion d’atlas, en tant que production d’un savoir spécifiquement visuel (Didi-Huberman 2011 ; Castro 2013). En plus d’un bref examen des algorithmes d’ordonnancement chez Google, cette étude sera déployée avec l’œuvre hypermédiatique Image Atlas (2012 - ) de Taryn Simon et Simon Schwartz : un site sur lequel l’utilisateur soumet des requêtes à Google Images et visualise les résultats obtenus dans cinquante-quatre pays. En explicitant les parois invisibles que produisent ces « bulles de filtres » (Pariser 2012), nous tenterons de décrire une part du rôle des images dans les aspirations qui animent Google.
11h10
Panel 5 : Régler les corps, fixer le regard
Présidence: Julie Ravary-Pilon
Visualizing Masculinity: The French Bachelor in Nineteenth-Century Caricature
Eileen Owens, Philadelphia Museum of Art
This paper examines the intersection of nineteenth-century Parisian male identity, specifically the trope of the bachelor, with its printed caricatured representations. In Paris, the consumption of caricature was unavoidable. These images were created quickly, published easily, and reproduced in the thousands. Ubiquitous across gender, social status, and political affiliation, popular prints repeatedly satirized any deviations from this ideal masculinity. French men were expected to be durable in a physical, mental, and financial capacity; their success as men forecast the success of the nation. The bachelor, however, purposely rejected the traditional stability of marriage and family life. Seen in caricatures as loose and directionless, he spelled chaos in the popular imagination of an already unstable nation. The distinctive nature of printed imagery – the audience, circulation, and cultural impact – provided a humorous, yet urgent visual attempt to grapple with the tricky and conflicting expectations of French masculinity.
From Manic Pixie Dream Girl to Manic Pixie Doom Girl: An Analysis of the Neoliberal Erasure of Women's Subjectivities in Modern Cinema
Emily Scherzinger, McMaster University
In contemporary Western independent cinema, the Manic Pixie Dream Girl (MPDG) has become a figure that is overzealously critiqued and consumed; however, these considerations are woefully inadequate, often merely critiquing the individual films and directors that employ this archetype, without acknowledging what the MPDG reveals: a cultural fear of feminine independence. As a result, I intend to deconstruct the popular discourse of the MPDG, as well as reveal the cultural ramifications of the MPDG’s call to self-surveillance and rabid individuality. Using Roland Barthes’ A Lover’s Discourse, I will also consider the gendered consumption of love in a multitude of Western indie films in order to reveal how the femininity of the MPDG has been co-opted for the purpose of erasing female subjectivities.
13h40
Panel 6 : Violence et images indigestes 
Présidence: Marina Merlo
Indigestible Images. Nazi Aesthetics, Anselm Kiefer, and Representations of the Holocaust
Alexandra Gasbarrino, University of Guelph
I will begin my discussion of Nazi aesthetics and Holocaust art by examining the cultural poaching and theft of various visual elements by the Third Reich. I will then explore the potentially non-existent nature of a Nazi-specific aesthetic, and how this concept is translated in the paintings of German artist Anselm Kiefer and the historical “afterimages” of Jewish artists whose artworks survived the concentration camps. I will be addressing the following questions: Is it possible to reconcile the nuanced satire of Kiefer’s work with the explicit horror depicted by victims of the Holocaust? What is the role of the spectator in the reception and interpretation of such sensitive material? What directs our understanding of such indigestible images, and how do we as viewers ultimately come to terms with Holocaust art and the history that has been transformed before our eyes – not only by the artist, but by our own consumption of the image?
Between the Lines, Beyond the Image: Subversive Subjectivity of the Black Female Form in Thomas Stothard’s "Sable Venus"
Tamara J. Mason, Temple University
In the guise of the classical Greek goddess, Venus, Thomas Stothard’s Sable Venus (1793) challenges the familiar trope by presenting her as a black figure. Printed alongside the 1763 poem “Voyage of the Sable Venus” by Isaac Teale in the book The History, Civil and Commercial of the British Colonies by Bryan Edwards in 1794, Stothard’s Sable Venus illustrated the transportation of female slaves from Africa to the New World. The realities of the trade are elided, projecting instead a positive image of the trade to mainland Britain.  Despite its context within the pages of Edward’s book, the Sable Venus is more ambiguous in its presentation of objectification. In my essay, I explore depictions of the black female form through the lens of an objectifying European male gaze to investigate how the presumed audiences would have interpreted this fascinating multi-layered consumable good of book, poem, image, and black female body.
Pléthore d’images de guerre et la nécessité de voir le cadre : Embedded (2001) de David Birkin
Julie Martin, Université Toulouse Jean Jaurès
Dans Embedded, l’artiste David Birkin s’approprie des photographies de guerre dont il perturbe le code en y insérant le nom des victimes des événements évoqués. Cette modification du script provoque des glitchs qui altèrent la représentation. Nous examinerons comment l’œuvre vient souligner l’anonymisation des victimes et l’uniformisation des faits, engendrées par la capture et la diffusion photographiques. En effet, si les images sont accessibles par leur nature multipliable, tout déplacement provoque une rupture qui en biaise la compréhension. Birkin pointe alors la nécessité d’explorer ce que Judith Butler nomme « le cadre » des images. Au-delà du cadrage, le terme désigne les contextes successifs qui orientent la compréhension des photographies. Car de sa production à ses diverses réceptions, l’image embarque (embed) des enjeux politiques et sociaux différents, souvent imperceptibles, qu’il convient pourtant d’identifier puisque ceux-ci astreignent son interprétation. La consommation d’images par l’artiste devient ici le moyen de renouveler celle du spectateur.
15h40
Panel 7 : Dérives capitalistes et surconsommation
Présidence: Émilie Poirier
The Fine Art of Laziness and the Laziness of Fine Art
Ewan Wallace, Williams College / The Clark Art Institute
Sit down. Drink a beer. Resist? Addressing late capitalism’s increasing ability to commodify the products of artistic labour, a number of artists since the 1960s have turned to an unusual form of activism: laziness. By sleeping, smoking cigarettes, or drinking beer, these artists have elevated the stodgy temporalities of leisure and listlessness into a form of political practice. They have circumscribed the ‘useless’ moments of daily life as sites with the potential to refuse commercialization. This paper considers whether this strategic laziness, what the artist Mladen Stilinović has called “dumb time,” represents a genuinely subversive activity within the 24/7 labour demands of late capitalism. It asks whether we might waste time in order to ultimately regain it.
Food Porn : art, consommation & excès
Noeimy Dulude, Université du Québec à Montréal
Le Food Porn est un phénomène qui apparaît suite à l’appellation « food pornography » dans le livre Female Desire de Rosalind Coward. Ce phénomène en ligne se caractérise par une présentation visuelle extravagante et alléchante. Un lien étroit subsiste entre la présentation du Food Porn et la surutilisation de l’image avec un objectif commercial. Le Food Porn se distancie des émissions culinaires traditionnelles en effaçant la figure du chef et la remplaçant par l’image d’aliments surabondants, surconsommés et « photoshopés ». Il prône l’esthétique gastronomique avant la pédagogie culinaire ce qui provoque un changement quant à la visualisation de la nourriture à l’écran.  Le Food Porn est non seulement consommé dans un modèle de « binge-watching », mais il est un exemple parfait de l’hyperphagie visuelle du contenu culinaire. Cette recherche exploratoire cherche à mieux cadrer le genre Food Porn et son esthétique à l’écran.
Let’s Play: Digital Media and the Communal Performance of Overconsumption
Jeffrey M. Brown, University of the Sciences in Philadelphia
How do we draw the lines between active spectatorship, imaginative play, and the pathologies of overconsumption in the digital age? This paper examines the growing tension between forms of participatory art, fictions of activism, and the commodification of leisure spectacle by focusing on the emergence of leftist cultural critique in popular games criticism. These tensions are defined by theories of liberation that are built upon habits of communal consumption and audience response. At first glance, enacting a theory of emancipated spectatorship might seem impossible within contemporary digital media platforms, where anonymized distance often breeds misanthropy, and where the individual interpretive gaze is reified and rendered uniform by the operations of capital throughout Web 2.0. But by analyzing unique sites of resistance to these effects, I aim to show how the culture of games is currently serving as the avant-garde for a broader transformation in the norms of participatory spectatorship and the relationship between irreducible distance and inclusive possibility.
17h30
Suzanne Paquet, Université de Montréal
Conférence de fermeture