jeudi 19 novembre 2020
En ligne : Inscription requise
9h00
Présentation et ouverture du colloque
9h30
Conférence plénière
Présidence: Analays Alvarez Hernandez
Décoloniser l’espace public. The Monument Situation Présentation Youtube https://youtu.be/pPDSnQVMDQs
10h15
Période de questions
10h35
Pause
10h50
Panel 1 : Géographies queer et féministes
Présidence: Maissa Ben Jelloul & Roxanne Mallet
Ce panel propose de discuter les espaces tels qu’ils sont revendiqués et réappropriés par les luttes queer et feministes. Il examine les réappropriations féministes des archives et questionne les représentations queer qui se trouvent entre fantasme et marginalité. Il inspire également des réflexions féministes sur la magie, l’art et la résistance dans le cadre de la création de lieux de partage et de contestations. Présentation Youtube :https://youtu.be/jD8NKXwzFao
Toward an International Feminist Media Network: the Videoletters Project
Davis Lexington,
De 1975 à 1977, les collectifs vidéo féminins à travers les États-Unis, Canada et la Nouvelle-Zélande ont formé un réseau international de partage de vidéos avec l’intention de créer une «nouvelle source alternative d’information féministe» qui rivaliserait avec le médias grand public. Les recherches de Lexington retracent ce projet éphémère mais influent, pour lequel presque aucun enregistrement historique n’existe, car seul un petit nombre de vidéolettres originales archivés et restaurés. En analysant l’historique, les objectifs, le contenu et l’impact de Videoletters à travers les documents limités et les bandes qui restent, Lexington considère comment le projet a fonctionné comme un point d’intersection entre les mondes de l’art féministe, l’activisme, médias, en facilitant le dialogue entre les communautés ayant des objectifs variés. Lexington soutient qu’en prenant le contrôle de la production, de la distribution et de la réception de leurs bandes, le féministes impliquées dans les videolettres ont cultivé une collaboration, une réseau politique qui a permis à de nouvelles affinités de se former sur de longues distances et à l’intérieur communauté locale.
Queer Notions of the Family in Photographic Representation of Hijras
Iraboty Kazi,
Cette présentation examine l’hétérotopie et le queering de l’espace par rapport à la famille hijra. Le terme hijra est utilisé en Asie du Sud pour définir ceux biologiquement désignés comme mâles ou intersexués à la naissance, mais a une identité de genre féminine. Call Me Heena (2012-) de Shahria Sharmin et la série Hijra Fantasy (2006) de Tejal Shah défient les stigmas sociaux envers la communauté très marginalisée en offrant une vue intime des espaces et des désirs hijra. Iraboty soutient que l’espace présenté dans les photographies est hétérotopique, existant en dehors du temps ou de l’espace identifiable, permettant ainsi l’expression de soi quand il n’est pas autrement possible. Les hijras dans les photographies cherchent des rôles traditionnels de mère, de sœur et/ou d’amant, ce qui est considéré comme tabou dans la société sud-asiatique en raison de leur identité de genre. Ainsi, l’espace hétérotopique permet une distance suffisante de la réalité pour explorer les fantasmes tout en étant enraciné dans la réalité.
11h30
Période de questions
11h50
Pause diner
13h00
Panel 2 : Revendications de l’espace
Présidence: Clément Decault
Le panel revendications de l’espace appréhende l’espace à partir d’une perspective post-coloniale. Il propose de remettre en question l’héritage culturel laissé par les colonisations, s’attardant sur les enjeux de langage et d’identité. Il met de l’avant les ressentis identitaires des personnes ayant vécu une expérience migratoire et revisite des archives, des photographies examinant la place accordée aux personnes de couleur. Présentation Youtube : https://youtu.be/4_Mf5k3onfc
Samuel Daniell, African Scenery and Animal (1804) et l’appropriation de la colonie du Cap
Aurélie Bezacier,
Cette étude du recueil d’aquatintes African Scenery and Animals publié à Londres par Samuel Daniell en 1804 déploiera des approches issues des visual studies et des animal studies pour interroger l'ambiguïté et l’interconnexion entre les modes d’appropriations visuels, imaginés et réels du territoire sud-africain au détriment de ses habitant.e.s africain.e.s et des autres Européen.e.s ainsi qu’au détriment des animaux.ales non-humain.e.s. Nous analyserons d’abord comment Daniell aménage le passage d’un espace réel à un espace imaginaire par l’organisation de son recueil. Nous verrons ensuite que l’espace d’African Scenery and animals résulte d’un processus de fracturation du continuum écologique et social dont l’artiste a été témoin pendant des expéditions militaires et impériales. Tandis que l’autorité des administrateurs britannique sur le territoire est fragile, nous verrons que les conditions de cette rencontre fictionnelle entre le lecteur masculin, de classe aisée et britannique et les habitant.e.s humain.e.s comme non-humain.e.s, décontextualisés et catégorisés, légitime et contribue à l’appropriation impériale de l’Afrique du Sud.
Les justes milieux / création anthropologique et transdisciplinarités
Annabelle Fouquet,
Cette communication portera sur l’expérience d’un projet transdisciplinaire en art et en anthropologie qui lie démarche analytique et expérience esthétique afin d’explorer la notion d’appartenance chez deux groupes de personnes ayant vécu une expérience migratoire entre des territoires marqués par les « legs coloniaux ». En questionnant la densité à la fois sensorielle, imaginative, corporelle et réflexive des appartenances personnelles et collectives qui nous permettent de nous situer dans le monde, ce projet transdisciplinaire interroge ce drôle d’objet qu’est la « nation » tout en liant simultanément deux contextes et de multiples trajectoires humaines qui se sont entrecroisées sans nécessairement se rencontrer.
13h45
Période de question
14h15
Pause
14h25
Panel 2 (suite)
Présentation Youtube : https://youtu.be/r6TZmDP40LE
Black Geographies and Photographic Archives: The Alvin D. McCurdy fonds
Rachel Lobo,
Cette présentation analyse les photographies d’écoles prises à l’époque de la ségrégation comme moyen de situer la résistance au racisme anti-noir dans le paysage canadien. En utilisant des documents tirés du fonds Alvin D. McCurdy des Archives publiques de l’Ontario, Rachel soutient ici qu’au-delà de leurs capacités de preuve, ces objets déstabilisent des cadres géographiques de longue date soutenus par l’exploitation, l’exploration et la conquête. Cette œuvre s’inspire de la Poetics of landscape posée par Édouard Glissant (1989) dans Caribbean Discourse — et avancée par Katherine McKittrick (2006) pour positionner les photographies scolaires comme un texte expressif avec la capacité de faire des expressions visibles des luttes géographiques.
The Fall of Aztlan
Jose Luis Benavides,
En 2019, l’organisation de militants étudiants Chicanx, M.E.Ch.A. (Chicano Student Movement of Aztlán), dont notre panéliste, le vidéaste Jose Luis Benavides était membre, a changé le nom de son organisation vieille de 50 ans pour supprimer le terme culturel Aztlán (les patries mythiques des peuples Méxica/Aztèque). Ce changement de nom a suscité de vifs débats sur les significations et l’importance de ce terme historique. À travers un sketch hybride d’artiste-parler et d’art vidéo, nous déballerons les interprétations et les manifestations variées d’Aztlán à travers les épistémologies indigènes, les cosmologies, les spiritualités et notre système solaire. Déballage de la langue Nahuatl, danse Méxica, archives et trouvé N.A.S.A. des images, des entrevues ethnographiques et des appels Zoom menées à travers la pandémie Covid-19, nous allons exposer les problèmes dans l’idéologie nationaliste mexicaine / Chicanx et les formations raciales tout en abordant les effacements des états-Unis contemporains et mexicains indigénéités. À travers une lentille de critiques latinx indigénéités utilisant des techniques expérimentales et radicales, documentaires et vidéo-art, nous pourrions trouver les mensonges géographiques d’Aztlan, les mensonges archéologiques et anthropologiques, au lieu de poser de nouveaux avenirs autochtones de l’histoire orale et de nouvelles potentialités trouvées au-delà de la politique identitaire terrestre sans tomber dans l’espace-voyage, les tropes et les pièges coloniaux de science-fiction.
15h40
Période de questions
16h00
Discussion joviale
vendredi 20 novembre 2020
En ligne : Inscription requise
9h00
Panel 3 : L’espace fictionnel
Présidence: Agathe François
Ce panel explore d’abord l’impact de la dimension temporelle sur la construction de l’espace fictionnel ainsi que la portée des actions créatrices et utilisatrices au sein d’un tel espace. En référence aux écrits de Foucault rassemblés de façon posthume dans “Des espaces autres”, ce panel prend une posture dite “miroir”, entre espace utopique et hétérotopique, alors que “l’espace se donne à nous sous la forme de relations d’emplacements” (Foucault 2004: 13). Foucault, M. (2004). « Des espaces autres ». Empan, no 54(2), 12-19. Présentation Youtube :https://youtu.be/ALz70H_UjwU
La substance de l’heure est un train de banlieue : une exploration de la contrainte spatio-temporelle sur le geste d’écriture
Fanny BrossardCharbonneau,
Étourdie par la dilatation de l’espace-temps en période de confinement, Fanny a entrepris de faire l’aller-retour entre Montréal et St-Jérôme en train de banlieue, pendant un mois, pour réapprendre ce qu’est la substance de l’heure. En s’insérant dans la trajectoire du train à tous les jours, elle a fait de ce trajet journalier d’1h04 un outil de mesure spatio-temporel, une machine à transformation psychique et une contrainte d’écriture : quel est l’impact de cette routine sur mon langage ? Quels sont les effets métamorphiques de l’autodiscipline sur le processus de création ? Qu’occasionne la tension entre le temps horloge et le biorythme sur mon geste d’écriture ? Le mouvement du train contribue-t-il à la modulation de ma pensée ? L’observation du paysage défilant est-elle un signe d’abandon ? De quelle manière se déploie ma parole lorsque mue mécaniquement (Dalie Giroux) ? Ce non-lieu (Marc Augé), devient-il lieu une fois habité une fois écrit ?
Une Question de présence : impacts et interprétation de la non-figuration dans les œuvres de fiction interactive
Jesse Aidyn Dugas,
Historiquement, les jeux vidéo ont largement utilisé l’abstraction des formes afin de compenser les limites technologiques de leurs plateformes de diffusion. Or, malgré la montée en popularité évidente d’expériences interactives de plus en plus photoréalistes, la non-figuration demeure un outil indéniable pour de nombreux développeurs. Inspirés par deux types de présence (immersion) : la présence personnelle (représentationnelle) et impersonnelle (présentationnelle), nous explorerons comment cette non-figuration peut influencer l’appropriation des espaces fictionnels par les utilisateurs. À cet effet, nous analyserons trois œuvres à forte tendance non figurative, mais qui semblent diverger quant la forme de présence globalement favorisée : Thomas Was Alone (Mike Bithell, 2012); Just Shapes & Beats (Berzerk Studio, 2018); Hoverboy (Jesse Aidyn, en développement). La non-figuration y opère-t-elle de manière semblable ou, au contraire, dépend-t-elle d’états de conscience particuliers? Présentation Youtube : https://youtu.be/4XNLBbvJ40M
9h45
Période de questions
10h05
Pause
10h20
Panel 3 (suite)
Présentation Youtube https://youtu.be/U9wqWablyVQ
Diminishing Islands: Envisioning utopia amid our climate crisis
Caroline Hatfield,
L’utopie se préoccupe des alternatives ; en tant que sociétés idéalisées et orientées vers l’avenir, souvent avec un emplacement distinct. Les impulsions utopiques antérieures associant un nouveau lieu ou un paysage ouvert à la liberté et au potentiel, en regardant vers l’avenir de nouveaux sites. L’île isolée ou inconnue a longtemps servi de lieu d’utopie dans le cinéma, la littérature et l’art. Pourtant, l’idéal de l’île est maintenant mis au défi, voir même rendu obsolète. Littéralement, au milieu de notre crise climatique, les îles diminuent à mesure que le niveau de la mer augmente et que notre environnement devient de plus en plus déstabilisé. Aujourd’hui, pour imaginer l’utopie, les artistes doivent s’attaquer à la perte du site; utopies dépourvues de distinction, de localisation et de frontières. Le voyage vers l’utopie s’est transformé, puisqu’il navigue aujourd’hui dans la mondialisation, la technologie et les hyperobjects.
“DAU” as heterotopia: Representation and construction of space in Ilya Khrzhanovsky’s post-cinematic universe
Alexandre Zaezjev,
Le présent article s’appuie sur la conférence Des espaces autres (1969) de Michel Foucault et utilise son concept d’hétérotopie pour étudier la représentation et la construction de l’espace fictif dans le projet post-cinématographique DAU (2020) de la réalisatrice russe Ilya Khrzhanovsky. En 2009, le plus grand film de l’histoire du cinéma européen a été construit à Kharkiv, en Ukraine, spécialement pour le DAU de Khrzhanovsky. Pendant près de trois ans, un ensemble grandiose d’architecture pseudo-classique – l’Institut – a été habité par des participants du monde entier. Khrzhanovsky n’a pas engagé d’acteur professionnel, n’avait pas de scénario, pas de répétitions et pas de reshoots. Le cinéaste a élaboré sa propre formule cinématographique : plonger des centaines de bénévoles dans un cadre entièrement recréé du totalitarisme soviétique et laisser le génie loci – l’esprit du lieu – diriger le processus de tournage. Cet article examine l’Institut DAU selon les six principes de l’hétérotopologie et utilise l’hétérotopie comme modèle pour une lecture spatiale de nouvelles formes de culture audiovisuelle.
11h05
Période de questions
11h25
Pause diner
13h00
Panel 4 : La représentation et construction de l’espace
Présidence: André Habib
La représentation et la construction de l’espace sont liées par la performance voire par l’action. Dans ce panel, la place participative du spectateur ou de la spectatrice est mise de l’avant, que ce soit par sa lecture implicite d’une oeuvre picturale ou littéraire, par sa relation à la technologie ou encore par sa posture au sein d’une oeuvre aux espaces multipliés. Il en découle de riches réflexions sur la démarche créatrice sous divers spectres. Présentation Youtube :https://youtu.be/YmgAppyndL8
Expérience architecturale et image vidéoludique : le geste ludique comme construction de l’espace Présentation Youtube : https://youtu.be/LEiQci3Iy34
Rosane Lebreton,
Cette communication propose de mettre en avant le rôle du geste ludique dans l’expérience architecturale à travers une réflexion sur l’image vidéoludique comme « image-espace ». En nous basant sur la notion « d’ancrage sensoriel » proposée par Julie Delbouille, l’espace dans l’image de jeu vidéo est pensé comme déploiement depuis une entité jouable, un corps vidéoludique. Ce déploiement se fait notamment par le mouvement à l’image et la mobilité de la perspective. L’expérience spatiale y est ainsi plus particulièrement une expérience formée par le geste du joueur ou de la joueuse, construisant un espace à l’image par le biais d’une « relation instrumentale » au contrôleur de jeu. Nous étudierons alors la manière dont ce geste ludique liant un corps jouable à une image-espace réengage la notion de « profondeur » conceptualisée par Maurice Merleau-Ponty et permet la formation d’une expérience architecturale singulière.
La porte domestique comme instrument narratologique dans l’œuvre d’Honoré de Balzac
Rachel Green,
La porte est une formidable motrice de la tension dramatique! Parmi les objets architecturaux qui dominent les scènes balzaciennes — à savoir la table, l’escalier, la fenêtre et la porte —, la porte est l’outil privilégié par Honoré de Balzac. Moyen d’introduire du drame dans la trame narrative, la porte (dé)accélère le rythme du récit, s’ouvre pour théâtraliser l’entrée des intrus dans l’espace privé et, par sa porosité, donne accès aux curieux qui lèvent les secrets domestiques, informations qui leur confèrent un « pouvoir quasi illimité » (Massol-Bedoin, 2001), ce qui met en branle le récit. Si la perméabilité de la porte pose problème, nous tenterons d’analyser le rôle narratif que joue ce référent architectural dans l’œuvre balzacienne.
Spaces and Christian Spirituality in Early Modern Dutch Visual Culture
Reilly Shwab,
Pour les femmes et les hommes des Pays-Bas modernes précoces, les décors nocturnes dans l’art ont porté avec eux une variété d’implications spirituelles. Les perceptions de longue date des heures après le coucher du soleil et le monde nocturne qui l’accompagne comme un espace de réflexion religieuse pacifique et de proximité avec Dieu a informé sur les œuvres avec des sujets bibliques par divers artistes, y compris Hendrick ter Brugghen et Rembrandt van Rijn. Ces images absorbantes engagent leur spectateur dans l’espace spirituel des heures nocturnes, ce qui aurait inspiré la méditation dévotionnelle pour beaucoup. De même, dans plusieurs peintures d’intérieurs contemporains de l’église, les décors nocturnes confèrent une ambiance calme et intime qui décrit la méditation dévotionnelle ou spirituelle et/ou suscitent de telles expériences visuelles. Malgré la prédominance des croyances iconoclastes calvinistes, certains publics du nord des Pays-Bas – protestants et catholiques – se sont toujours tournés vers les œuvres d’art à des fins de dévotion. Dans la génération de sens dans de telles images, les espaces nocturnes jouent un rôle fondamental qui invite à l’analyse.
14h05
Période de questions
14h35
Pause
14h50
Panel 4 (suite)
Street view: le temps de l’image-algorithme
Katia Andrea Morales Gaitan,
À partir des images numériques massives, le système global dominant, « le capitalisme de surveillance » commercialise nos données. Derrière la création des complexes d’algorithmes, les entreprises technologiques réduisent la notion de citoyenneté à celle du simple consommateur manipulable. Google, l’entreprise à la tête des GAFA a développé en 2008 le logiciel « Street view » une option cartographique pour naviguer les rues des villes de la planète entière. Ce logiciel était le point du départ à l’œuvre photographique de Michael Wolf et de Jon Rafman. Ces flâneurs du monde virtuel pratiquent l’appropriation des images captées par des machines et changent leurs discours. Entre autres gestes, ils manipulent, rencardent et pixelisent des captures d’écran pour ainsi construire sa propre image. Les résultats sont des collections photographiques avec des significations esthétiques et politiques plus complexes que des simples vues de rue : elles sont des hommages à plusieurs traditions savantes de la photographie de la rue et du cinéma. Cependant, les images de Wolf et Rafman nous permettent d’avoir un regard critique sur la perte de l’intimité individuelle avec l’internet, la surveillance et bien sûr, l’importance des pratiques créatives artistiques visuelles, à l’ère du numérique.
Festen - Lorsque la performance filmique construit une polyphonie des espaces
Clara Bich,
En 1998 sort Festen (Vinterberg), premier film labellisé par le Dogme95, un manifeste prônant une sobriété du cinéma où les artifices visuels, sonores et de traitement de l’espace sont interdits. En 2017, après plusieurs adaptations théâtrales de ce récit familial à travers le monde, le collectif MxM et son metteur en scène Cyril Teste adaptent cette oeuvre emblématique en utilisant la technique de la performance filmique. À travers cette communication nous nous demanderons comment le collectif MxM crée-t-il une polyphonie des espaces en adaptant cette oeuvre ? Nous verrons que, grâce à l’utilisation des outils numériques et aux mélanges des médiums, trois espaces apparaissent et se lient en direct, sur scène : l’espace construit (la scène, l’arrière-scène), l’espace fictionnel (l’espace cinématographique de l’écran disposé au dessus de la scène) et l’espace sensoriel (par l’utilisation d’odeurs et de narrations sonores trompeuses).
15h35
Période de questions
Présentation Youtube : https://youtu.be/0WiFjmw3Dyw
15h55
Discussion joviale
samedi 21 novembre 2020
En ligne : Inscription requise
9h30
Panel 5 : Intimité et mobilité
Présidence: Talitha Motter et Christopher Ravenelle
Ce panel fait une réflexion sur la vulnérabilité des habitats : les ruines récentes des maisons font état de la fragilité de nos façons de vivre ? L’espace de la maison est aussi traité par une analyse sur la « mise en scène de soi » dans les réseaux sociaux en temps de pandémie. En se concentrant sur la résidence qui reste continuellement avec nous, le corps, le panel discute également du rôle de l’interaction de nos mouvements avec les nouveaux médias, mobiles et portables, dans la constitution de l’espace. Présentation Youtube : https://youtu.be/6jhAh40Suik
Habiter les maisons abandonnées. Fragilité et habitabilité
Estelle Grandbois-Bernard,
Habiter les maisons abandonnées. La fragilité au cœur de l’habitation contemporaine. Cette communication propose une réflexion sur la notion « d’habiter » à partir d’une analyse iconographique de photographies de maisons à l’abandon tirées du corpus de la photographie de ruines actuelle. Les représentations de ces maisons chancelantes, brisées, au seuil de l’effondrement, invitent à une méditation sur la fragilité des espaces et des habitats, abordant la question de l’habiter à partir de celle de l’habitabilité, de la possibilité d’habiter un monde ruiné. Elles invitent aussi à considérer les enchevêtrements de nos récits avec les formes de vie non-humaines qui regagnent les territoires abandonnés, à reconnaître nos vulnérabilités partagées. Comment habiter la fragilité du monde ? Comment envisager l’habitation comme un projet qui considérerait la vulnérabilité et le soin à apporter aux choses comme le cœur de son aventure ?
Movement and sensorial Data – Artistic Approaches
Jasmin Kathöfer,
Ces dernières années, les médias ont été de plus en plus caractérisés par leur portabilité et leur mobilité, se plaçant eux-mêmes et le corps en les utilisant dans une interrelation entre être lié au corps (portabilité) et être lié ou être indépendant du lieu (mobilité). Dans le discours des études médiatiques, cette interrelation s’accompagne de la question de l’imbrication des médias et des espaces, mais aussi de l’imbrication de l’espace numérique et réel. La question que Jasmin veut poursuivre dans cette conférence est donc de savoir comment le mouvement et le positionnement dans l’espace réel et numérique peuvent être décrits et comment le mouvement avec les médias change, façonne ou forme l’espace. Jasmin voudrait se concentrer sur les stratégies artistiques pour faire face au mouvement dans l’espace et sa visualisation à travers des dispositifs basés sur les capteurs. Par conséquent, les positions artistiques actuelles, comme Previeux, Frick et Ikeda, qui fonctionnent avec les données des capteurs et l’espace urbain transformé en données, seront prises en considération.
10h15
Période de questions
10h35
Pause
10h50
Panel 5 (suite)
Musicien.ne en temps de pandémie ou l’intime à découvert
Elsa Fortant, Michel Duchesneau, Irina Kirchberg, Émilie Lesage, Pierre-Luc Moreau & Héloïse Rouleau,
Les fermetures de lieux de diffusion de la musique et le confinement en lien avec la COVID-19 ont poussé le milieu musical, classique et populaire, à compenser l’absence de représentations musicales en salles de concert. Des centaines de capsules vidéos réalisées par les musicien.ne.s ont alors investi les réseaux sociaux. Le décor de la salle de concert, de la scène, a été remplacé par celui du salon, du balcon ou de la chambre. Quel type de stratégies de représentations de soi peut-on alors distinguer chez les musicien.ne.s classiques et populaires ? Grâce à l’analyse systématique de plus de 200 vidéos diffusées sur Facebook, complétée par quelques entretiens semi-dirigés, nous explorerons l’hypothèse selon laquelle ces vidéos sont le théâtre d’une mise en scène de soi, qui met en lumière des éléments distinctifs (mobilier, lieu de tournage, décors) mobilisés différemment par les musicien.ne.s selon l’esthétique dans laquelle ils s’inscrivent (pop, classique, trad) et leur classe sociale.
Diseuses de sorts: Dispositifs artistiques de fortune en temps de confinement (espaces vituels, espaces magiques, espaces politiques)
Ophélie Naessens & Cynthia Montier,
Le confinement a apporté un éclairage inédit sur les pratiques artistiques expérimentales d’interaction à distance, des pratiques qui inspirent de nouvelles formes pour appréhender nos espaces réels et imaginés, explorer les liens entre technologie, affects et spiritualité, créer des lieux (virtuels et réels) de connexion et de partage, ainsi que des modalités renouvelées de contestation. À partir des recherches artistiques de nos panélistes, cette communication portera sur les dispositifs virtuels de fortune qui entremêlent magie, art et résistance, et composent des rencontres entre espaces réels et virtuels, entre espaces imaginaires et espaces politiques. Il s’agira alors d’interroger la posture d’artiste « diseuse de sorts », narrant des histoires, projetant des imaginaires susceptibles de se dresser contre des formes de domination et de violence.
11h40
Période de questions
12h00
Pause diner
13h00
Panel 6 : Musique et son
Présidence: Laurent Vernet
Le panel « Musique et son » propose une discussion de nos façons d’écouter l’espace qui nous entoure. Il sera l’occasion de traiter la question de la musique et ses contextes de circulation, comme dans le cas de la propagande politique. De plus, le panel souligne une expérience plus attentive des vibrations sonores provenant de la ville et de ses bâtiments,  aussi bien que la possibilité d’un lien entre l’architecture et les ondes qui se propagent à travers le monde.
L'instrumentalisation des opéras de Giacomo Puccini par le régime fasciste italien (1922-1943): le cas de Turandot
Matilde Legault,
Composé entre 1920 et 1925 et créé en 1926, Turandot est le seul opéra de Puccini utilisé dans la propagande fasciste italienne dont la création a eu lieu après le début du régime en 1922. L’œuvre présente des éléments musicaux exotiques mais aussi modernes et ne reflète donc pas la définition traditionnelle du nationalisme musical italien, qui se traduit essentiellement par la musique lyrique romantique. Comment l’œuvre peut-elle alors être récupérée par le régime ? Si certains auteurs relèvent de possibles correspondances entre le dernier opéra de Puccini et l’idéologie fasciste, personne n’a encore abordé la question en s’appuyant sur les écrits de l’époque. À partir du dépouillement de périodiques fascistes, Matilde exposerai les incohérences idéologiques et artistiques inhérentes à la propagande culturelle du régime. elle montrera comment Turandot convient à la propagande fasciste, car il présente la même ambivalence entre tradition et modernité qu’on trouve dans le discours fasciste
Texturologie vibratoire : espace urbain, skateboard et transposition sensorielle
Maxime Boutin,
Le skateboard est une discipline procurant des sensations fortes telles que la vitesse, la hauteur, l’apesanteur, la chute, les vibrations. Le street skateboarding est une pratique interrogée ici comme mode exploratoire de la ville, un territoire dont les surfaces proposent l’agencement d’une multitude de matériaux : béton, bitume, dalles de roche taillées, métal, bois, verre. L’espace urbain est une « zone d’opportunités » sans limites, dans laquelle le skateboard peut être envisagé comme une pratique détournée de la géographie urbaine. Le déploiement du skateur dans cet environnement peut s’apparenter à la dérive, aussi bien dans une optique de réappropriation et de détournement de l’espace architectural que dans l’exploration de sa matérialité. À partir de cette réflexion sera présentée Texturologie vibratoire, une installation multimédia transposant la sensorialité des espaces vibratoires de la ville, grâce à l’utilisation d’un skateboard appareillé d’une caméra d’action munie de senseurs, parcourant l’espace urbain.
13h40
Période de questions
14h00
Pause
14h15
Panel 6 (suite)
Sonic matter(s): New Materialism and Uncommon Sounds in Common Spaces
Angus Tarnawsky,
La découverte de sons rares dans les espaces communs fournit un mécanisme pour briser les modèles d’écoute prévisible. Des événements sonores inattendus attirent l’attention des auditeurs et peuvent susciter l’intérêt s’ils sont nourris avec une intentionnalité sensible. Angus soutient que grâce à des changements subtils mais puissants du comportement quotidien, il est possible de faciliter des expériences sonores partagées diverses et significatives. Ses recherches examinent les relations qui pourraient être forgées grâce à l’expansion de l’écoute à l’intérieur des foyers d’entrée, des couloirs et des escaliers dans les bâtiments urbains. Il explore cette dynamique à l’aide de microphones, de haut-parleurs et de transmission radio pour créer des installations sonores adaptées au site. Ces interventions sonores et spatiales encouragent des modalités variées d’écoute et de participation. Son intention n’est pas de créer de nouveaux sons; il s’agit plutôt d’amplifier ce qui se passe déjà dans l’environnement. En abordant cette question dans la conversation avec les idéologies nouvelle matérialistes, Angus aligne son approche avec le concept de la matière dynamique de Jane Bennett pour tenir compte du potentiel d’écoute plus que humaine.
Study for a cosmic city
Julian Scordato,
Study for a cosmic city est une œuvre audiovisuelle inspirée d’une proposition urbaine utopique exposée par le compositeur et architecte Iannis Xenakis dans un essai intitulé La Ville Cosmique (1965). Comme une tentative de relier l’infographie à la formalisation sonore, les structures caractérisant la ville utopique sont conçues en utilisant des courbes superquadratiques – au lieu de paraboliques hyperboliques comme dans Xenakis – qui peuvent décrire des variations raisonnables d’amplitude et de hauteur. Les valeurs des paramètres extraites des bâtiments et des chemins sont utilisées pour traiter les matériaux sonores provenant de transmissions radio non identifiées reçues dans le monde entier. Dans la représentation graphique, chaque bâtiment transmet un signal radio spécifique dont la qualité et l’intensité dépendent de la position d’un curseur, en interférant également avec les autres sources sonores. Les chemins sur le terrain définissent plutôt l’articulation méso- et macro-formelle de l’œuvre audiovisuelle ainsi que la localisation virtuelle des signaux audio traités.
12h45
Période de questions
15h15
Allocution de monsieur Frédéric Bouchard, Doyen de la Faculté des arts et sciences de l'Université de Montréal
15h35
Mot de la fin et Discussion joviale